« Loczy ou le maternage insolite » , Myriam David et Geneviève Appell, 1973, Editions du Scarabée, C.E.M.E.A.
Dans ce livre, les auteurs, décrivent et analysent, le fonctionnement et les principes directeurs de l’institut Loczy à Budapest, dirigé par le docteur Emmi pickler, accueillant les enfants de leur naisance jusqu’à 3 ans et ce après l’avoir visité.
DESCRIPTION
M. David et G. Appell commencent par présenter les enfants vivant à Loczy comme des « bébés florissants, bronzés, souriants et animés, aux proportions et aux mouvements harmonieux, engagés la plupart du temps dans des activités variées et en bonne relation avec les adultes ».
70 personnes travaillent pour l’institut:
– 23 nurses s’occupent des enfants
– 6 nourrices qui allaitent 3 à 4 enfants en plsu du leur
– 4 aides-nurses qui secondent les nurses dans les tâches matérielles uniquement
– 2 infirmières
– 1 jardinière d’enfants
– 6 psychologues
– 5 médecins
– 1 bibliothécaire
– et 24 autres personnes en charge de l’administration, de l’économat, de la cuisine, du jardinage…
Les principes directeurs de l’institut sont :
– la valeur de l’activité autonome
– la valeur d’une relation affective privilégiée
– la nécessité de favoriser chez l’enfant la prise de conscience de lui-même et de son environnement
– l’importance d’un bon état de santé physique
Ces 4 pricnipes étant d’égale importance.
Les groupes comptent 9 enfants pour 3 nurses? Chaque nurse doit « observer et soigner » plus spécialement 3 enfants tout en s’occupant des 9. Le cadre de vie évolue avec l’enfant. Plus l’enfant grandit plus l’espace est spacieux et ouvert sur l’extérieur. Tous les groupes ont une unité de vie intérieure et extérieure.
Les temps de soins (bain, change, repas…) sont des moments durant lesquels l’enfant est considéré comme un être qui « sent, observe, enregistre et comprend » et non comme un objet. L’adulte prend son temps, ne presse pas et n’interromp pas l’enfant. Une grande importance est donnée à la douceur des gestes et des mots. L’adulte laisse l’enfant participer à sa façon, lui présente les objets utilisés, lui nomme ses gestes. En fonction des rythmes des enfants un ordre est instauré, c’est chacun son tour.
Les jeux libres et activités autonomes répondent à 4 critères:
– une répartition dans le temps selon le rythme individuel de sommeil et de veille de chasue enfant
– un espace juste un peu plus vaste que celui que l’enfant peut remplir par son activité dans le but qu’il puisse se mouvoir sans gêner et être gêné et qu’il favorise l’apprentissage tout en garantissant la sécurité
– des objets et matériaux (ni trop, ni trop peu, ni trop près, ni trop loin) à leur disposition, toujours à la même place
– des adultes qui n’interfèrent pas dans le jeu de l’enfant sauf en cas de dangers, dispute, fatigue… mais qui observent et soutiennent essentiellement par la parole
Lorsque l’enfant grandit, des activités nécessitant le contact avec d’autres personnes sont proposées (par exemple, entretenir le jardin avec le jardinier) dans le but d’offrir à l’enfant un éventail de relations sociales, élargir son champ d’expériences, rompre la monotonie du quotidien et sortir de la vie de groupe.
ANALYSE
La structure qui rend possible le travail clinique se compose de 4 points:
– le travail en équipe (réunions, soutien…)
– l’observation des enfants (observations quotidiennes, mensuelles, enregistrements sonores…) qui permet de suivre leur développement, leurs acquisitions, leurs comportements
– le travail avec les parents pour leur permettre non seulement de sentir qu’ils restent les parents de leur enfant malgré le placement mais aussi pour maintenir leur intérêt pour leur enfant
– le planning des groupes et la répartition des nurses
« Cette structure est remarquable sous 3 aspects principaux : l’acceptation des exigences d’une telle entreprise, la suppression de la plupart des facteurs de carence, l’instauration d’un maternage compatible avec la vie en institution ».
De part les soins individuels et la vie en plein air, les enfants sont en bonne santé physique. De part l’attention de la nurse portée à l’enfant dans ce qu’il est, ce qu’il fait, ce qu’il dit ou ressent, l’enfant peut construir son « MOI » et se sentir « BON ». De part l’espace évolutif et adapté et de part l’importance des mots mis sur les choses, les évènements, les ressentis, l’enfant peut acquéirir la notion d’espace, de temps, son schéma corporel, le langage et la pensée symbolique.
Toutefois les possibilités d’identification à l’adulte sont limités dans la mesure où l’enfant n’a pas connaissance de l’entière personnalité des individus qu’il cotoie. La relation à l’adulte n’est jamais appréhendée par le conflit or dans une famille, il existe et les enfants s’en enrichissent. Leur imaginaire paraît peu développé. Les auteurs se demandent donc quelles peuvent être les conséquences de la limitation de la demande affective à l’institut?
Enfin, les auteurs réitèrent toute la valeur du modèle institutionnel réalisé par Loczy.
« Il parvient à préserver les enfants des carences graves, leur assure un bon développement, une organisation de leur appareil psychique et des possibilités de relation à autrui. »
Laisser un commentaire