A mon réveil d’une bonne sieste réparatrice, Marie est de retour. Elle me propose de l’accompagner dans sa communauté pour vivre un temps de partage, de chant, de réflexion et d’Adieu. Pour Marie, le Chili, c’est fini. Une année entière est passée. Elle rentre en France dans quelques jours. Nous avons une semaine en commun pour visiter, main dans la main, le pays et ensuite, chacune reprend sa vie.
Avant cela, je veux téléphoner à Julien. Je suis obsédée par cette idée. Je suis en manque de lui, comme une droguée. Ma dose s’il vous plaît? Marie ne comprend pas. Peut être ne sait elle pas encore que l’on peut aimer, de tout son cœur, de tout son corps, depuis le 1er jour et pour toujours. Pas de liaison téléphonique possible donc pas de conversation avec mon Juju non plus. Je suis de nouveau envahit de tristesse et de larmes. Je fais avec et tente de me concentrer sur mon amitié avec Marie, de profiter de ce court moment de marche où je peux enfin parler français et donc tenir une conversation.
Nous arrivons à la Fondation. La réunion est commencée. Je m’assieds, écoute et me tais. Je ne comprends toujours rien et pars à nouveau dans mes pensées, entre la France et le Chili, entre mon amour et mes nouveaux futurs amis, entre mon pays et celui ci.
Marie me présente. Je souris donc sincèrement à l’assemblée. Très vite, mon sourire devient crispé. Je comprends à ses mots et grâce à quelques bribes du collège qui commencent à remonter que je vais devoir parler, expliquer les raisons de ma présence au Chili. Je sens alors mes joues rougir et mes jambes flancher jusqu’au moment où elle me dit : « en français, je traduirais ». Soulagement instantané. .
Parler de moi en français, je sais faire. J’explique donc simplement et lentement pour que Marie ait le temps de traduire que depuis longtemps, je ressens le besoin de partir, de rencontrer l’autre, de venir en aide, de me sentir utile sur cette Terre. Je ne savais pas comment faire. Marie m’a donné envie, tout au long de l’année écoulée, par ses récits. Ils ont nourrit en moi l’envie et la force de me lancer.
Après cela, nous avons partagé le repas.
De retour, je teste une seconde fois le téléphone. Cela fonctionne. Julien est bien là, au bout du fil. J’entends sa voix. Mon cœur bat de joie mais que lui dire? Je ne sais pas. Je vais mal pour le moment, il me manque tellement. Lui aussi est déconcerté, bouche bée. Je raccroche sans que l’on ne soit finalement vraiment parlé. A peine dit des banalités. Je pleure. Marie ne comprend toujours pas. « Il te manque déjà? ». Non vraiment je pense qu’elle ne sait pas combien il est moi et je suis lui, combien ensemble on grandit, on s’épaule et on vit. Combien notre amour est notre force et notre équilibre.
Marie m’emmène visiter ma maison pour les semaines à venir, celle d’Alberto et Cécilia, ma famille d’accueil au Chili. Seul, Martin est là. Il me fait visiter. Je lui offre des stylos à l’effigie de l’équipe de France de football. C’est un fan. Il apprécie. Première rencontre réussie.
Retour et repas chez Carlos et Gloria.
Une de leurs amies est là, la Tencha. Une chanteuse. J’écoute sa musique, douce et sécurisante. Vibrante. Coup de cœur instantané. Je partage quelques mots avec elle, ceux me restant du collège, au fil des heures un peu plus nombreux. Je suis vraiment touchée par sa personnalité et sa musique, ses mots. Ils sont une belle illustration de ma rencontre avec le Chili, avec l’amour inconditionnel de ce peuple que je découvre..
La journée se termine, bien au chaud, au lit, à discuter avec Marie jusque tard, très tard dans la nuit.

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