Voilà ce que j’écrivais, il y a un an, sur mon non allaitement. Depuis, j’ai cherché à comprendre plus, réfléchi plus… d’autres explications se sont dessinées car depuis, j’ai potassé et découvert que la péridurale à forte dose (ce qui a été mon cas) peut passer dans le corps du bébé et l’endormir. En étant alors bien accompagné, par une conseillère en lactation par exemple, j’aurais pu attendre que mon bébé se réveille tranquillement et mettre ensuite en place l’allaitement. Sauf que voilà, à ce moment là, je ne le savais pas!
Je ne sais donc toujours pas, et je ne le saurais peut être jamais, si elle n’a pas voulu ou pas pu être allaité, si ce non allaitement vient de moi (1ère explication exprimée ci dessous, il y a un an) ou de la péridurale! Le résultat est, tout de même, le même, je ne l’allaite pas! Et même aujourd’hui, alors qu’elle a maintenant 18 mois, ça reste pour moi, une blessure qui ne se referme pas.
Et l’entourage n’aide pas pour ça!!!
« Tu lui donnes le bib? Ah………… »
« Et tu mets quoi dedans? … du lait de vache!!! ah… »
« Pfffffffff encore une qui s’est mal fait acompagner! »
Quant à la conclusion de ma pensée, ci dessous, je la maintien pour mon bébé, ma fille n’est pas au sein mais elle va bien. Quant à moi, la maman ……………………………………
Son 1er « NON » !
Je suis maman de deux enfants, un grand garçon de 5 ans que j’ai allaité jusqu’à 5 mois et une petite fille de 6 mois qui n’a pas voulu être allaitée ! Son 1er « non », je ne l’attendais pas aussi tôt !
Pour bien comprendre la raison de ce « NON », il faut remonter le temps ! Lorsque j’allaitais mon garçon, j’étais comme en osmose avec lui ! Mes seins commençaient à me picoter et dans la foulée, il les réclamait !!! Une synchronisation parfaite qui me comblait toute entière de bonheur ! A tel point qu’il était difficile de trouver une place pour un autre, en l’occurrence mon homme, son père, que nous avions mis de côté tellement lui et moi nous suffisions à nous même !!! Et puis est arrivé le moment de reprendre le travail ! Idéalement, je souhaitais l’allaiter jusqu’à 6 mois minimum, il en avait 5 ! Il me fallait donc conserver les tétées du matin et du soir et tirer mon lait pour l’apporter à la crèche la journée ! Face à la complexité de l’organisation pour moi et à l’inexpérience de la crèche face à l’accueil d’un bébé allaité, j’ai du renoncer ! Mon corps a renoncé ! Plus une goutte de lait dans ce fichu tire lait qui pourtant jusque là se remplissait correctement ! Le biberon, mon garçon connaissait un peu puisque j’avais tiré mon lait huit fois pour aller aux huit séances de rééducation périnéale !!! Le lait industriel, par contre, ce fut une autre affaire !!! Après plusieurs essais et les conseils avisés de la PMI, il s’est mis a apprécié fortement sa nouvelle alimentation, si bien qu’en deux temps trois mouvement, il était sevré ! Il est aujourd’hui un magnifique garçon, en pleine forme, en bonne santé, toujours fusionnel avec moi mais en même temps très ouvert sur le monde !
Le temps a passé et voilà ma petite fille sur le point d’arriver ! A me remémorer l’allaitement de mon garçon, mon seul regret est de n’avoir pu continuer ! Je choisis donc de prendre un congé parental pour pouvoir allaiter ma petite fille, en toute liberté… de temps !!! C’était sans penser qu’elle pouvait avoir, elle aussi, son avis sur la question !!!!!!!!!! Lorsqu’elle est arrivée et qu’elle m’a regardé avec ses grands yeux chocolat, une petite voix en moi se disait « chouet, chouet, je vais pouvoir en profiter le temps que JE voudrais, l’allaiter le temps que JE voudrais !!! ». Mais ça ne s’est pas passé comme ça !!! Elle est arrivée très fatiguée, dormait tout le temps, ouvrait la bouche occasionnellement pour téter mais pas assez !!! Son poids chutait ! Je ne voulais pas rester à la maternité et ai donc fait un peu de forcing pour sortir alors que son poids chutait toujours !!!! La montait de lait arrivant le jour de la sortie et ayant déjà allaité le premier, le pédiatre m’a fait confiance avec néanmoins l’obligation de revenir le lendemain pour la peser ! Une fois à la maison, elle dormait toujours autant et se nourrir ne paraissait pas l’intéresser plus que ça ! Pas de stress, chez nous on respecte le rythme de bébé donc on l’a laissé dormir et peu s’alimenter !!! Résultat à la pesée du lendemain – 200g !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Catastrophe !!! L’équipe de la mater vérifie donc la mise au sein, verdict : la technique est bonne !!! Sauf qu’elle tête 5 minutes puis s’endort !!! L’équipe essaie de la stimuler, rien à faire, elle refuse le sein, hurle, jette sa tête en arrière, le plus loin possible du sein, le repousse avec ses mains…. Et ça va continuer comme ça pendant une très longue et très dure semaine !!! Une semaine pendant laquelle son papa et moi allons essayer multiples tentatives ; La laisser tétouiller comme elle veut, oui, mais elle perd encore du poids et risque l’hospitalisation car le peu de fois où elle veut bien porter sa bouche à mon sein, soit elle tétouille au lieu de téter soit elle s’endort ! La forcer, oui mais ça ne marche pas car de cette façon là, elle refuse totalement le sein ! Les bouts de sein, ça ne change rien ! Le chaud / froid sur les seins, pour faciliter la tétée et alléger la douleur pour moi car à ce stade mes seins sont à bloc et crevassés, non plus ! Rien n’y fait !!! Elle ne veut pas du sein, de moi ai-je même pensé ! Tirer le lait et lui donner au bib le temps que mes seins se remettent et qu’elle reprenne du poids et bah devinez quoi, elle a but, tout but et à la fin du bib, elle a sourit !!! Summum de l’affront d’une fille à sa mère qui pour l’allaiter longtemps a pris un congé parental !!!!!!!!!!!!!!!! Tirer mon lait, ce n’était pas ça, pour moi, allaiter mon enfant ; ce que je voulais c’était cette relation particulière, cette proximité, ce peau à peau qui m’avait tant comblé pour le premier !!! Résultat des courses : biberon et lait en poudre !!! Elle adore, siffle tous ses bib en moins de deux, grandit et grossit bien, est adorable, souriante, toujours de bonne humeur, jamais malade, finalement le bonheur aussi mais autrement !!!!!!!!!!!!!!!!!
Restait juste pour moi un sentiment de frustration, d’échec, de honte… et d’incompréhension de mon entourage !!!!!!!!!! J’étais une maman pro allaitement qui n’allaitait pas sa fille !!! Pas banal n’est ce pas ? Autour de moi, les pro allaitement m’encourageaient à continuer, à insister, je les sentais limite déçus de mon renoncement ! Les pro bib me disaient « oui bah c bien le biberon, il est où le problème, ta fille est en bonne santé c le principal » !!!!!!!!!! Certes, elle est belle, sage et en bonne santé et alors ? Il n’en reste pas moins que mon cœur de maman a été touché !!! Plusieurs personnes m’ont permis de dépasser ces sentiments pour réussir à tisser un lien avec ma petite fille autrement qu’en allaitant ! La sage femme qui m’a longuement déculpabilisé ! La psychanalyste, avec qui j’ai compris que le non allaitement de ma fille était lié à l’allaitement de mon garçon. Nous avons toutes les deux exploré l’allaitement de mon premier, vu par mon inconscient, pour réaliser que certaines angoisses, bien enfouies, ont pu remonter, l’air de rien comme ça, pendant ma grossesse jusqu’à s’exprimer par le « NON » de ma petit fille dans le but de sauver notre relation. Car ce que je ne raconte pas lorsque j’évoque l’allaitement de mon garçon, c’est l’ambivalence que j’ai pu ressentir ! D’un côté son allaitement me comblait, m’épanouissait et d’un autre côté son allaitement m’angoissait, m’étouffait ! De nombreuses fois, dans la rue, j’avais peur de me faire renverser car qui aurait nourrit mon petit à part moi ? De nombreuses fois, face à ses demandes incessantes, face au fait que j’étais la seule à pouvoir le satisfaire, je me suis dit « il va me bouffer toute entière » !!! Aujourd’hui, il a 5 ans et nous sommes toujours aussi fusionnels, j’ai toujours peur pour lui, je me sens toujours, par moment, bouffé par lui…. Je pense que c’est pour éviter de reproduire ça que ma petite fille a dit « NON », elle a dit « NON » a une relation dans le trop !!! Effectivement, bizarrement ou pas, je me sens dans une relation tout aussi belle mais plus sereine avec elle. Pas facile de résumer un travail analytique en quelques mots !!! Conclusion, sein ou biberon, tant qu’il y a de la bienveillance, il y a un bébé heureux !
Laisser un commentaire