Et voilà, je reprends ce sujet qui m’interroge tant en ce moment!
J’ai lancé un petit sondage autour de moi sur la question et bizarrement je n’ai eu que très peu de réponses, des réponses peu renseignées et toutes plutôt contre l’HNI. Je vais donc le relancer avant de pouvoir en tirer quelque « conclusions » que ce soit!
En parallèle, je viens de lire :
« L’hygiène naturelle de l’enfant, La vie sans couches » de Sandrine Monrocher-Zaffarano chez jouvence EDITIONS.
Ce livre explique fort bien ce qu’est l’HNI, pourquoi y venir et comment faire. C’est un très bon guide!
Tellement bien tourné qu’il me convaincrait presque! Presque seulement car je sens au fond de moi une résistence qui vient du fait que j’ai appris à respecter l’enfant autrement!
Je vais vous parler de ce livre et de fait de l’HNI en citant régulièrement l’auteur car je suis vraiment d’accord avec une majorité de ses idées.
Le livre commence par « Les nouveaux-nés sont conscients de leurs besoins et naissent avec les moyens de les exprimer ». Je partage totalement cette entrée en matière! Elle continue plus loin par « Personne ne remet en cause le fait que le bébé soit conscient de ses besoins de sommeil, de contatc ou de nourriture (…) Pourtant, s’il on rajoute qu’ils sont également conscients de ce qu’il se passe à la fin du processus de digestion, là au mieux, on vous rira au nez. Pourquoi cela semble t il si étrange qu’un bébé soit conscient de tous ses autres besoins mais pas de celui d’élimination? » Cette 1ère question m’a vraiment scotché! Mais oui, pourquoi?
Pourquoi, moi qui suit la 1ère à dire :
– que le bébé a de grandes capacités, reconnaît ses besoins et sait les exprimer,
– qu’un bébé ne se laisse pas mourir de faim mais qu’il ajuste sur la journée, la semaine ses besoins nutritionnels,
– qu’on ne réveille pas un enfant qui dort et à l’inverse qu’on ne laisse pas au lit un enfant qui ne souhaite pas dormir car il sait réguler ses besoins de sommeil…. et plein d’autres choses encore! Pourquoi ai je du mal à accepter qu’un bébé reconnaisse et exprime ses besoins d’élimination? Je n’ai pas encore la réponse à cette question mais je suis en recherche!
« Les bébés ne sont pas des êtres passifs, c’est une évidence de nos jours » mais OUI, c’est une évidence!!!
Une autre phrase m’a interpellée, c’est celle-ci : « l’apprentissage de la propreté tel qu’il se fait de nos jours(…) est axé sur la capacité à contracter et retenir plutôt qu’à relâcher ». Mais carrément, encore une fois j’ai cette sensation qu’on prend les choses à l’envers!!! On leur apprend à se retenir plutôt qu’à se relâcher au moment où le besoin se fait sentir! Résultat d’une longue éducation morale à la politesse et au « faut faire pipi avant de se mettre à table »!!! Ah bon et si on a pas envie? Mais oui, c’est comme ça dans notre société, on doit faire pipi quand on en a pas envie (avant de prendre la voiture, avant de passer à table…) et on doit ne pas faire lorsqu’on en a envie (pendant la classe, pendant le repas…)!!! Paradoxe que j’ai réalisé grâce à ma super méga génial Kiné lors de la réeducation périnéale!!! C’est elle qui m’a expliqué l’origine de la constipation et du relachement du périné au delà de l’impact de la grossesse et de l’accouchement!!! Grâce à elle j’ai appris (mais je n’y arrive pas toujours, on ne se défait pas comme ça de l’éducation que l’on a reçu!) à mieux respecter mes besoins corporels!
« C’est dans les années 1950 » donc ce n’est pas très vieux! « qu’émerge une toute nouvelle façon d’envisager la puériculture, orientée et centrée cette fois sur l’enfant (…) prônée aux Etats Unis par les Drs Spock et Brazelton (…) Cette démarche est devenue depuis lors la méthode largement préconisée par les médecins et les professionnels de la petite enfance dans le monde occidental (…) On peut également s’interroger sur le fait que cet article a été publié dans un journal médical sponsorisé par Procter et Gamble et ce quelques mois après le lancement de la première couche jetable sur le marché » Fort intéressant, non? En tant qu’EJE, je me reconnais dans les professionnels de la petite enfance qui prônent d’attendre que l’enfant soit prêt physiologiquement (par la maîtrise de ses sphincters) et psychiquement (envie de faire plaisir à ses parents en offrant une partie de lui même) et qu’il soit prêt à exprimer par des gestes et/ou la parole son besoin pour commencer à parler continence! Pour moi un enfant continent est un enfant qui de lui même reconnaît et satisfait son besoin d’élimination seul! Le fait d’attendre que l’enfant s’intéresse a cette maîtrise de son corps est pour moi le respecter! Ne pas lui imposer mais le laisser disposer de son corps comme il l’entend! Toutefois, le fait que celui qui est à l’origine de cette vision de l’enfance soit aussi en lien avec une société dont le but est de faire du profit par la vente de couches jetables m’interroge beaucoup!!! Il y a là un gros conflit d’intérêt!!! Alors que penser?
« ce qui nous paraît comme LA vérité aujourd’hui ne le sera peut être pas demain… » C’est totalement vrai et c’est sain qu’il en soit ainsi! Cela signifie que l’on s’adapte à l’enfant d’aujourd’hui et que l’on s’adaptera également à l’enfant de demain mais autrement car il sera différent! La société évolue, la vie est une évolution constante, l’éducation se doit de suivre ce chemin!
« Quand les pleurs des bébés sont ingnorés, il arrive un point où le bébé s’arrête, non que le besoin qui en était à l’origine ait disparu, mais parce que, devant l’absence de réponse, le bébé se met en situation de retrait. » Elle part du principe, que je partage, que le bébé exprime ses besoins par des gestes, mimiques voire des pleurs et lorsque ceux ci sont ignorés ou incompris, le bébé cesse de les signaler! De fait, elle en déduit que tout bébé exprime ses besoins d’élimination dès la naissance mais face à l’incompréhension de ses parents, il cesse très vite de s’exprimer sur le sujet! Bah pourquoi pas? Vraiment cette façon de penser me parle! Même si je suis toujours à ce stade réticente à cette approche!!! Je comprends, de mieux en mieux, au fil des pages, le respect qui sous-tend l’HNI! Toutefois, chaque enfant est différent. Certains expriment bien et régulièrement leurs besoins, d’autres peu voire pas du tout! Chaque parent est différent et sa capacité à décrypter son bébé également! Certains parents ont besoin de temps pour comprendre ne serait ce que les pleurs quand d’autres vont, très vite, capter la moindre expression! On naît peut être égaux en droit (et encore mon oeil!) mais on ne naît pas égaux en nature! Et puis chacun son histoire, sa disponibilité, sa fatigue physique ou émotionnelle, son envie de faire… C’est pourquoi, pour le coup, cette phrase là, je n’y adhère pas « si on laisse parler l’instinct plutôt que les théories, chaque mère au fond d’elle ne doute plus de la nécesité pour sa santé et son bien-être de répondre aux besoins fondamentaux de son bébé ». Et qu’en est il des pères? Et qu’en est il de la mère déprimée? Qu’en est il de la mère influençable? Qu’en est il de la mère déraisonnable? Il y a autant de façon d’être mère que de bébés nés sur cette Terre! Alors parler d’instinct!!! L’homme est un animal qui a évolué, ne l’oublions pas!
« Pour moi, l’HNI s’inscrit dans un mode de parentage plus global, un parentage respecteux des besoins de l’enfant et empli de la confiance dans la capactié des parents à y répondre sans recourir à ces artifices et autres gadgets dont regorgent les magasins de puériculture. » Il est vrai cependant que la société de consommation dans laquelle nous vivons nous fait perdre la tête, perdre confiance en nos capacités à élever nos enfants avec notre coeur et nos bras!!! Les magasins de puériculture, les grandes surfaces et j’en passe proposent un nombre incalculable d’obejts « non indispensables »!!! Certes, certains facilitent une vie bien remplie, à 100 à l’heure… mais il me semble vraiment important, de prendre le temps, de réfléchir à ce qui est vraiment nécessaire! On se rend compte que finalement peu de choses sont indispensables à bébé! Les couches font elle partie de tous ces artifices? Pour certains certainement mais pas pour tous!
« Le bébé puis l’enfant apprend également que son corps, tout son corps, est le sien(…) Il est libre de l’explorer son corps et non pas contraint de le faire rapidement, avec avidité, entre deux changes » . Là aussi c’est une idée qui me plaît! La liberté d’user de son corps à sa guise! C’est un principe que je partage mais que je ne poussais pas jusque là! Et pourtant quand je lis « avec avidité, entre deux changes » c’est tellement vrai!!!!!!! C’est excatement ce que j’observe!!! Si moi, parce que je partage cette idée de propriété du corps à soi même, je laisse mon bébé ou les bébés explorer leur corps, leur sexe, nombre de ces derniers se font entendre: « ah non touche pas, c’est sale »!!! Quel drôle de message leur transmet on alors sur eux même!!!
« L’hygiène infantile est (…) une aventure en tandem entre l’enfant et celui qui en prend soin (…) Ce n’est pas quelque chose qu’on fait à son bébé mais quelque chose qu’on fait avec lui » Oui, ça y est je l’ai bien compris à travers ce livre!!!
« Je souhaite également, pour ceux qui en auraient entendu parler, mais continueraient à l’associer à une méthode de dressage, qu’il apporte une vision plus juste d’une approche menée en tandem par les parents et leur enfant dans le respect des besoins et des rythmes de celui-ci. » Pari réussi, en tout cas pour moi! Je ne vois plus cette démarche de la même manière, je comprend même qu’on puisse la choisir dans l’idée d’une plus grande proximité avec son bébé et d’une communication renforcée! De là à penser que c’est ce qu’il y a de mieux pour tous les enfants et tous les parents… NON pas encore!
Je terminerais sur cette phrase que je trouve rassurante car c’est le risque principal que je craignais dans cette démarche!!!
« c’est une démarche d’écoute et d’aide à la satisfaction des besoins, pas une course à la propreté! »
à suivre…
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