28 juin 1999 : Découvrir

Je me réveille. il n’y a pas un bruit dans la maisonnée. Tout le monde dort encore. Je patiente dans mon lit, en pensant à lui, mon Julien, l’amour de ma vie. D’un coup, tout s’accélère! El desayuno (le petit déjeuné), la duche (la douche) et enfin la micro (le bus)!

Marie monte la première et dit « Dos, por favor. Gracias. » Quatre mots! Cela me semble déjà trop! Vais je les retenir? Bientôt je serais seule, sans Marie, et je devrais les dire, seule, ces quatre mots! Pression.

Nous traversons la poblacion (quartier défavorisé) et Marie me demande de ne pas parler français, pour plus de discrétion. Dans le coin , c’est plus dangereux pour les touristes. Pression supplémentaire. Marie se lève, parle au conducteur et la micro stoppe! Au milieu de la rue, comme ça, ils se sont entendus! Les compagnies de micro sont privées. La compétitivité est rude. Les conducteurs étant payés au nombre de billets vendus, ils s’arrêtent où ils veulent et roulent incroyablement vite. Tout un monde!

Après la micro, le métro! Comme à paris, ou presque. La machine engloutit mon ticket sous les yeux d’un vigile dont la présence oblige le paiement et interdit aux sans abris et aux vendeurs ambulants de s’y installer. Trois lignes seulement se partagent la ville. La ligne 1 qui va d’Est en Ouest, de Las Condes jusqu’à San Pablo, c’est la plus utilisée. La ligne 2 qui va du Nord au Sud et la ligne 5, qui va du Nord au Sud-Est. Il est donc aisé de s’y repérer. Le métro est propre et il est agréable de s’y aventurer. Pas de pression.

Arrivée chez Ricardo et Juani pour el almuerzo (le déjeuné). Juani me présente sa famille et me fait visiter sa maison, comme à une cousine qu’elle n’aurait pas vue depuis longtemps.

Je découvre et déguste pour la première fois mais pas la dernière, le Pisco Sour, boisson nationale du Chili, si j’ai bien compris! C’est bon mais c’est chaud, ça donne chaud, très chaud! Chaud aux étiquettes comme on dit chez nous.

Le repas est gargantuesque et délicieux. Je suis extrêmement embarrassée de cette abondance d’entrées, de viandes cuites au barbecue, de légumes et de desserts. Je sais qu’un tel repas offert aujourd’hui ne leur permet, sans doute, pas de manger décemment jusqu’à la fin de la semaine. Partager, sans compter. J’ai le sentiment qu’ici, tout se partage. J’ai le sentiment aussi que ceux qui en ont le moins sont ceux qui partgent le plus dans la vie.

S’en suit une après midi très chaleureuse à regarder les vieilles photos de famille, à écouter l’histoire de leur vie, comme si je faisais partie de celle ci, simplement. A écouter aussi, l’histoire incroyable de leur maison, payée par le don d’un homme sans qu’ils n’aient eu à demander. Chaque jour que Dieu fait, Ricardo et Juani prient et remercient, cet homme, Dieu et la vie.

Je suis déroutée par toute cette bonté. Je viens pourtant d’une famille aimante et tournée vers les autres mais ici je perçois et je vis bien plus.

Pour finir la journée, préparation de notre road trip dans le nord du Chili avec Marie. Retrait d’argent, achat du billet de car, autant de formalités qui dans un pays étranger peuvent s’évérer assez compliquées la première fois. Heureusement Marie est là. Elle m’aide à décrypter, c’est précieux et elle m’offre aussi mille pesos pour mon arrivée. Je suis profondément touchée. Merci Marie. Quelle chance de partager telle expérience avec une amie.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *